Tu de dis sans doute, ô lecteur au sachoir aussi étendu que ne l’était le linge de ma grand-mère après les lessives printanières, tu te dis que cet emoticon, à Oslo, c’est pas une coïncidence, un de ces hasards dont seul notre univers peut être le grand ordonnateur.
Munch est effectivement ici chez lui, et ben figure-toi qu’on est pas encore allé à son musée gigantesque, moderne et côtier. On réserve ça pour plus tard quand on sera rejoint par de nécessaires renforts intellectuels.
Mais alors, chroniqueur du jour défaillant et du crépuscule triomphant, pourquoi cet emoticon munchien en tête de gondole ?
À cause de ceci :

Je m’explique, si si, sinon tu vas me faire la tronche, je connais ton côté un tantinet susceptible.
Alors, ma Douce ayant raté sa vocation d’organisatrice de voyages culturels, mais pratiquant toujours en privé à ses heures perdues, elle nous a déniché la visite mensuelle de l’aula de l’université d’Oslo, dont les murs sont les seuls à héberger encore des œuvre de Munch dans leur jus, à leurs places originelles et ainsi voulues par l’artiste.

Cet ici d’ailleurs que les prix Nobels étaient remis chaque année jusqu’en 1986, après, vu le succès, c’est devenu trop petit.
L’histoire de pourquoi c’est Munch qui a décoré entre 1912 et 1916 ces murs est croustillante : concours, évidemment, la première partie du bâtiment, datant du 19ème, étant d’inspiration gréco-romaine, il y eut affrontement entre classiques et modernes, et en finale le moderne Munch l’a emporté grâce a une stratégie marketing internationale bien vue : exposition à travers toute l’Europe de ses croquis et esquisses pour la salle, récolte de sponsors et de leurs dons, et donc grosse pression sur la commission chargée du choix, car pré-financement avantageux … pas idiot le bonhomme.



On le voit bien sur les photos du hall d’entrée, ci-dessus, c’est un joyeux mélange de grec, d’égyptien et de romain, la couleur rouge des murs étant le rouge pompéien, découvert récemment lors des fouilles de Pompéi et très à la mode à cet époque.
Alors, les œuvres de Munch ? Voilà , voilà , ça arrive, et c’est du costaud, puisque les deux grandes latérales font presque douze mètres sur quatre et demi.



Sur les côtés il y a encore 6 œuvres, mais je t’en fais grâce, va les voir sur place, c’est mieux.
Te dire encore que le Munch travaillait à la dilution à la térébenthine ainsi qu’à la gnôle probablement pas diluée du tout, et que les coulures qu’on voit un peu partout sont comme qui dirait sa signature, alors que moi c’était le signe d’une note catastrophique dans mon bulletin scolaire à la rubrique Travaux Manuels, faut dire qu’à l’époque je buvais pas, ce qui était loin d’être le cas de mon prof, mais ça c’est une autre histoire …

Signaler encore que dans le hall d’entrée la dame qui vend des billets travaille derrière le pupitre qui était utilisé sur la scène des Nobels, et que donc autant Martin Luther King que Mère Theresa ont posé leurs mains sur ce noble bois, ça fait quelque chose.

Après ça, escapade en banlieue pour un café-brocante-expo déniché toujours pareil par mon organisatrice préférée et exclusive :


Puis cap sur la Mathallen, en ville, temple de la boustifaille mêlant commerce et restauration.
Là , tu me connais, j’ai pas pu résister à la tentation de goûter un des plats nationaux et à la disponibilité seulement hivernale, le Lutefisk : morue séchée et réanimée à la vapeur, nappée de petit bouts de lard grillé, purée de pois vert et pomme de terre nature, sauce au fromage brun et moutarde nordique.

On dit que soit tu adores, soit tu détestes, heureusement que j’ai adoré …
Les crevettes de Caro étaient pas mal non plus :

Je te causerais une autre fois de la sauce au fromage brun, cause qu’on a acheté le dit-fromage brun, et qu’après l’avoir goûté, ben à part en sauce, on voit pas trop quoi en faire …

Disons que c’est … particulier, et que malgré son aspect chocolaté, ben non, mais … comment dire … ben je te dirais, ce soir on tente la sauce à la maison pour accompagner un filet de chevreuil. No risk no fun, comme disent les mangeurs de French Fries.
Je te mets encore deux trois sculptures glanées ici et là , histoire de pas perdre la main



Et puis un peu de contraste architectural, photo prises de chaque côté de la même rue :


Bon, c’est pas tout ça mais il y a un son et lumière dans la rade ce soir, donc on va aller s’y regeler le bout du nez, et du coup on te claque la bise et te recommande « chaudement » de stay tuned, y aura de la couleur dans la nuit.

PS de la relectrice qui ne peut pas faire autrement que de te montrer cette merveille de salle d’eau vue dans l’aula de l’alma mater locale:


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