Tu as sans doute déjà observé, fin naturaliste que tu es, si si, ne fait pas ton modeste, l’amerrissage d’un cygne. Il y a ce moment où, après avoir rase-motté l’eau sur quelques dizaines de mètres, il met ses pattes en avant, cabre ses ailes, fait sans doute une petite prière à Saint-Anatidae, et puis glisse en barefoot avant de rentrer son train d’atterrissage, replier ses ailes, puis, heureux d’avoir pas planté sa manœuvre devant ta caméra, il agite 2-3 fois son croupion, histoire sans doute de s’assurer que tout est en ordre dans la cale, mais aussi en signe de détente, home sweet home, qu’est-ce qu’on mange ce soir, chérie ?
Et bien, je vais pas te demander d’imaginer ton chroniqueur en train de twerker son fort respectable arrière-train tel le cygne amerri, mais l’esprit y est. Y’a comme le sentiment qu’on est posé, qu’on a apprivoisé le plan d’eau.
D’ailleurs l’analogie est pas si pourrie, puisque qu’au programme d’aujourd’hui il y avait soit le tour des îles qui bouchent la vue du fjord aux Oslo-ïens, soit les musées maritimes Kon-Tiki ou Fram, qui s’atteignent aussi par bateau, bien que leur presqu’île soit prolifiques en arrêt de bus, et aussi en villas de grand standing, comme on disait avant d’avoir envie de bouffer du milliardaire.
Comme la météo du fjord était au bouchon gris et bas, arrivé à l’embarcadère, qui astucieusement sert aussi de débarcadère quand tu reviens dans l’autre sens, on s’est décidé judicieusement pour les musées.

Après quelques minutes sur l’esquif à courant d’air glacés mais au côté vintage fort sympathique :

On débarque devant ces musées construits autour de leur expositions, à savoir des bateaux, des hydravions et des radeaux.

Le Fram d’abord, un lourd tas de bois épais qui a dérivé, avec tout son équipage pendant plus de trois ans (1893-1896) à travers les glaces arctiques d’est en ouest, pour prouver que ça existait, la dérive des glaces polaires, et essayer d’atteindre le Pôle Nord en mode flemmard. Trois ans ! Tu t’imagines, trois ans dans un chtit bateau en bois, emprisonné dans une glace qui essaie de te casser comme une noix, coincé avec une dizaine d’autres allumés, et le froid, et la nuit polaire, trois ans !!!
Bon, je vais pas tout te raconter, tu tapes « Expédition Fram » sur Wikipédia, tu verras le feuilleton, pas piqué des harpons.
Juste peut être, pour les paresseux ou les blasés : le Nanssen, chef des bargeots, voyant que la dérive du Fram les ferait pas passer par le pôle nord géographique, décida un beau matin de mars 1885 de quitter le navire et de partir avec un autre frapadingue, des chiens, deux traîneaux-luges et kayaks, pour aller planter le drapeau au bout de l’axe de rotation de notre planète, où tu peux faire le tour du globe en trois pas et changer de date avant-arrière pareil.
Vont pas réussir à aller jusqu’à 90 degrés de latitude, mais pas loin, en tout cas plus près qu’aucun autre gulu avant eux. puis il repartent, mais trop tard pour rejoindre une quelconque terre avant la fin août, quand l’hiver arctique se pointe. Pas démontés, ils se creusent un abri, utilisent les luges pour faire des espèces de toits, et hivernent 8 mois dans leur deux mètres carrés glacés … 8 mois d’hiver arctique, t’imagines ???? Déjà qu’ils avaient depuis longtemps bâfré le dernier cleps … et pis, l’été d’après, en réparant une peau de kayak abîmée, ils entendent de nouveau un chien, et c’est le remake de Stanley – Livingston, mais version tout en blanc, et avec un explorateur au nom de Jackson. Et quand le type les rapatrie avec son bateau en Norvège, une semaine plus tard, leur bateau à eux, le Fram, enfin libéré des glaces, arrive lui aussi au même port norvégien de Tromsø !!!
Le même Fram sera le bateau d’Amundsen quand il ira planter le drapeau norvégien à l’autre bout de l’axe précité, premier homme à atteindre le pôle Sud. Sacré bourlingueur ce navire :

Et il est intégralement à visiter dans ce musée qui te raconte tout ça de manière tellement chouette qu’on a pas vu le temps passer.
Pis, il y a un autre bateau, le premier à avoir passer le fameux passage du Nord-Ouest, toujours avec Amundsen:

Pis le premier aéroplane, un hydra-glacia-vion, à avoir volé au dessus du pôle Nord :

Bref, super musée, vraiment cool !!!
Il y a même du son et lumière, je te jure, tu tangues sur le Fram immobile ….
Après un inévitable et bienvenu toast aux crevettes à la cafétéria du musée, et un petit tour dans son parc pour voir des …

et des …

et des …

et même, plus surprenant ici, un …

Sa présence plus près de Noël que de Pâques s’explique par la présence du musée Kon-Tiki déjà nommé ci-dessus, et dont le héros principal, Thor Heyerdahl, après sa traversée en radeau du pacifique juste après la guerre, s’est beaucoup investi sur l’île des œufs et des lapins en chocolat.
Je vais pas m’étendre sur les nombreuses expéditions du bonhomme, il y en aurait pour des heures, si tu veux creuser, y’a toujours et encore Wikipédia. Mais quelques clichés du musée et des radeaux authentiques qui s’y trouvent :




Le jour baissant, il était temps de rentrer @home, car oui, c’est devenu maintenant notre home, accueillant et douillet, quoique ça c’était à 16:00, mais n’anticipons pas. Pour l’instant, coucher de soleil dans l’axe de l’arrêt de bus, oui, on est rentré en bus, y’en a quand même plus souvent que des bateaux.

On est vite allé faire des courses à Grønland Torg, juste à côté de chez nous, puis on est passé devant le resto quasi en bas de chez nous, fermé visiblement depuis un petit moment, note que ça m’étonne pas trop vu son blaze, au resto :

Alors je sais pas si faut relier l’un à l’autre, mais à peine on avait poser nos pénates et fait bouillir une théière pleine de bon thé, une alarme stridente hurle dans l’appart, le nid « douillet » d’avant, c’est le portable de Caro qui pète un cable, ou plutôt qui reçoit une alarme d’état :

Juste à l’endroit, mais vraiment pile là où on vient de faire les courses :


C’est la conduite de chauffage à distance qui vient d’exploser, envoyant valdinguer le bitume à 20-30 mètres de hauteur. paraît qu’il y a pas de blessés, par une chance incroyable, vu que le quartier est plutôt très fréquenté.
Et pour le « douillet », ben c’est là que t’apprend que ton AirBnB, oui, pas de bol, il est chauffé à distance, par la conduite qui vient de faire sa transition en geyser.
Alors on a un radiateur électrique d’appoint, mais j’espère qu’ils vont réussir à réparer dans pas trop long, because au 8ème et dernier étage du buildingue, risque de faire vite frisquet, et puis sans douche chaude, la vie paraît tout de suite moins sympa.
Du coup, la danse du popotin risque de moins exprimer la satisfaction du retour au nid que la nécessité de produire soi-même de précieuses calories …
Voilà, on espère que pour aujourd’hui c’est marre, et on te claque la bise pour que tu stay tuned, histoire de voir si demain on est transformé en bâtonnets Findus, en Cornetto Vanille ou en ours polaire.

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