Interlude 3D

Lors de notre précédente escapade en terres nordiques, à l’automne 2024, j’avais déjà documenté l’attrait exercé par l’art statuaire sur les peuplades septentrionales.

Ben je te le dis tout de go: ça s’arrange pas …

Mais avant d’attaquer le sujet, tel le burin (bourrin?) attaquant le granit, une parenthèse pour te dire, lectrice-teur à la ténacité flamboyante, que nous avons ensemble dépassé les cent (100) moments de complicité scripturale, oui, c’est fou, faudra soigner ca, avant qu’on doive construire un Data Center rien que pour nous … Je profite de ce court aparté techno-friendly pour certifier les post passés, futurs et présent libres de tout IA, ce dont tu doutais, mère- ou père-spicace que tu es, car même si ces créatures gavées de silicium, de watts et précieuse eau de refroidissement hallucinent parfois, elle sont loin d’atteindre le délire nécessaire à alimenter ta soif de sachoir.

Bon, reprenons où nous en étions restés, les emmitouflés et leur goût du bronze coulé et du granit rapé.

Déjà rien qu’en déambulant comme ça dans Oslo mains dans les poches et le nez au vent, tu tombes souvent nez à … à quelque chose à chaque coin de rue ou presque.

Comme ça par exemple :

Ou ça :

Même dans la super bibliothèque :

Et accroché aux maisons :

Mais ici, chez les vikings assagis et prospères, zont poussé le bouchon un bon cran plus loin encore, grâce à un sculpteur dont l’hyperactivité n’avait sans doute rien à envier à son dédain du drapé ou de tout autre accessoire vestimentaire. Bon, pas pour lui-même, le dédain, enfin je crois pas, mais pour habiller ses œuvres. Tu verras.

J’en profite pour glisser l’avertissement d’usage : s’il y a autour de toi, là, maintenant, des âmes innocentes qui n’ont pas encore entendu parler de l’abeille et des roses, de la zigounette et de la petite graine, vaut mieux reprendre la lecture après les avoir mis au lit, cause qu’aucune sculpture du Sieur Vigeland, thème central de ce post, ne porte de Calvin Klein, aucune …

Alors voilà, le gars Gustav, de son prénom, fut pro-lifique, surtout vers ses 50 balais, et quand la municipalité rasa son atelier pour y mettre une bibliothèque, l’astucieux rapeur de granit, et couleur de bronze (sic) déjà au faîte de sa gloire, conclut un marché : la construction d’un nouvel atelier ainsi que la cession de toutes ses œuvres à la dite commune, et puis la réalisation d’une modeste fontaine dont il peaufinait depuis pas mal de temps la maquette en plâtre dans son antre. Et on sait tous, quand on peau-fine, souvent ça gonfle …

Donc, la dite fontaine dut trouver une place suffisante, et devant le parlement, ça faisait jaser, et se fut donc dans le Frognerpark qu’ils l’installèrent :

Du coup, le gars se dit, l’est un peu vide ce parc, si j’y mettais un peu plus de bronze et de granit, ça égaillerait, non ?

640 dessins, 214 sculptures plus loin, zont quasi rebaptisé le parc « Vigelandslegget », l’installation à Vigeland, c’était plus simple.

La plus célèbre et la plus petite, paradoxalement, est celle-ci :

La plus monumentale, l’obélisque pesant 170 tonnes et qui a mit 13 ans à être sculpté :

Quelques tronches entourant le monument :

Un peu plus loin, le cercle de la vie :

Le triangle :

Il y a plus dérangeant :

Et plus rigolo, grâce aux nombreux écoliers qui course-d’école-par-là :

Et encore plus allégorique, comme avec ce « Clan » qui se fissure sous le poids des générations :

Je lui proposerais bien, au Gustav, un « Tram Trio », mais le gars a avalé son extrait de naissance en 1943, alors vous n’aurez que la photo en couleur, ce qui prend moins de place et risque pas de fissurer le manteau de cheminée, pour autant que tu en aies encore une, lectrice-teur au confort moderne et chauffage central :

Puis, au détour, ici ou là, encore des œuvres diverses et variées dont l’interprétation reste à faire :

À moins que ? Si on tentait le coup ? Allez, foin de timidité, j’essaie : « Joueur d’Alto-Polo ». Ou bien « La Musique Adoucit le Mors ». Ou bien « Ça crin, Larcher! », mais ça c’est plus actuel à Paris qu’à Oslo en ce moment …

Bon, tu vois, le blondinet du nord aime l’art qui prend de la place, probablement parce qu’ils en ont, de la place, et parce qu’ils aiment bien être dehors, ce qui est plutôt chouette.

Alors nous on se rentre au chaud et on se revoit bientôt, façon de parler, pour de nouvelles nouvelles du fond du fjord, stay tuned !

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