Tombe-tombes-tombe la pluie, tout le monde est à l’abri …

Eh oui, il y a toujours dans un périple un moment où la météo c’est pas ça. Et ben c’est ça ! Depuis deux jours il fait étouffant, puis gris et humide, puis de nouveau étouffant, mais bon, on fait avec, paraît qu’après c’est du tout bon pour au moins une semaine.

D’autre part, ça laisse le temps de vagabonder et de philosopher un chouïa.

Par quoi qu’on commence ?

On va pas tirer à pile ou face, déjà qu’on a pas la monnaie pour la machine à laver … aller, on fait les vagabondages d’abord, comme ça les plus pressés ou sensibles d’entre vous pourront se tirer avant la minute philosophique, minute toujours un peu risquée pour les âmes nobles et quelques peu religieuses (oui, longue aussi, la minute, oui, lectrice-teur au temps d’écran décompté, je sais, je suis bavard …)

Donc, nous en étions resté à notre début de journée au bord de l’estuaire de la Gironde, à Saint-Palais-sur-Mer, tout un programme en un seul panneau indicateur. Après que Caro eut enfourché le seul vaillant et antique destrier que nous prîmes avec nous (faudra que je vous fasse une photo à l’occasion), unique car j’anticipais trop le frottement d’attelle pour pouvoir nous encombrer d’un deuxième vélocipède, et qu’elle nous eut ravitaillés pour les prochaines 48 heures, nous décidâmes, le soleil revenu, de tester ma cheville et ma détermination en faisant le petit aller-apéro-miam-retour-de-nuit au centre de la station, ce qui fait quand même gentiment ses 2 fois 40 minutes de marche, bien au-delà de ce que je me suis permis ce dernier mois. Et bien tu le croiras ou pas, et d’ailleurs ta croyance m’indiffère, mais n’effleurons point trop le sujet philosophie qui suivra sous peu et restons au niveau des pâquerettes, d’ailleurs fort rares dans les terres brunies de soleil que nous fréquentons depuis le début de cet été fournaise. Donc, indépendamment de ton schéma de croyance, ces 80 minutes de marche, même lesté au retour de quelques huîtres, ris de veau et vin blanc charentais, et ben ça a été. Comme quoi la convalescence, c’est plus facile de bien la réussir que de l’orthographier juste du premier coup !

Avant l’apéro.

Le lendemain, cap sur Royan et deux autres villages de bord d’estuaire, dont le dernier équipé d’un petit camping municipal aux petits oignons, tenu par Joëlle, qui fait merveille à l’accueil, à la décoration, au jardinage et au nettoyage. Un exemple de ce qu’on peut faire quand on aime ce qu’on fait et les gens pour qui on le fait !

Mais revenons à Royan et surtout à sa cathédrale construite juste après la deuxième guerre mondiale, prouesse de béton et d’architecture, car tu le verras sur les photos en couleur de la caméra, aucun pilier central ou déporté ne vient boucher la vue du fidèle qui veut voir l’homme en blanc (car oui dans ces lieux vaticanisés, ce sont toujours des hommes), à la gestuelle sacrée, ritualisée et inspirée-expirée, on change de psaume, et on recommence.

Vue de vue de loin
De près
Dedans
En entrant ou sortant, ça dépend …

Pour ceux qui ont déjà amené leurs péchés à Ronchamp, ben ça y ressemble par certains aspects, tout en étant beaucoup plus imposant.

Puis cap sur le petit village de Talmont-sur-Gironde, charmant et tout petiot, avec son église typique de bord de mer, causative et granitique, à tel point qu’elle a surtout servi comme fort, équipé qu’elle a été de canons, avant sa restauration au XXème siècle.

Son nom vaut le détour, puisqu’elle est dédiée à Sainte Radegonde (sic), Reine Rebelle épouse de Clovis je crois, bref un personnage qui, contrairement à certains qu’on croirait centraux dans ces lieux (voir un des épisodes précédents), Radegonde, elle, semble être bien connue du clergé.

Permets-moi, toi qui malgré l’heure tardive, tes yeux rougis qui se ferment tout seul et ton seul neurone encore en état de marche mais affichant déjà l’inquiétant signal d’une batterie faible, permets-moi ici une petite parenthèse d’humilité, oui je sais, c’est rarissime, mais une fois n’est pas coutume : cénotaphe. Ce mot à la sonorité des plus amusantes m’accompagne depuis des décennies, sans que j’ai pu y mettre une définition sûre et validée. Vaguement un aspect funéraire et religieux, mais rien de eindeutig comme disent nos cousins germains.

Heureusement, Sainte Radegonde (je m’en lasse pas) est venue à mon secours, ou plutôt ses dépositaires, puisqu’ils ont laissé la définition de ce monument funéraire à la disposition des béotiens comme moi. Et voici à quoi ça ressemble, un cénotaphe :

C’est comme un cercueil de pierre, mais c’est plein, y a que du cailloux dedans, les gens sont enterrés dessous. C’est comme une pierre tombale mais à l’horizontale. Alors perso, j’en avais déjà vu, mais j’ai toujours cru que c’était des bancs mis à la disposition du public éploré ou très âgé. Comme quoi, un peu d’éducation profite à tout âge.

Et pour ceusses qui dirait « mais quel boeuffiot qui savait même pas ça à son âge », je leur ferai remarquer qu’un Président des USA encore plus âgé et orange que moi ne savait même pas que « dumb » s’écrivait avec un B à la fin, ce qui est un comble vu l’adéquation de l’adjectif avec son locuteur …

Pour finir, étape à Mortagne-sur-Gironde, avec ce super chouette petit camping dont je vous parlais plus haut.

Et pour en revenir rapido au cénotaphe, qui est donc une sorte de banc sur lequel vous ne pourrez plus vous assoir dessus vu que vous êtes juste en-dessous, voici sa version métallique et qui sied à merveille au stade juste avant :

Voilà, cap sur Oléron pour la suite, avec toujours un temps oscillant entre éclaircies suffocantes et ondée grises – très légères, les ondées, précise la relectrice ….

Mais l’aventure continue, alors stay tuned, hein ?

Quoi ? Hein ? La minute philosophique ?

Ah mais bien vu, lectrice-teur que je croyais déjà assoupi, incroyable comme tu résistes bien au flot typographique de ton serviteur, chapeau bas, si si si.

Alors, je m’attaque à ces messages que l’on voit souvent dans le lieux de culte modernes, message du genre « Dieu est amour et bienveillance ».

Comment, oui, comment pourrait-on croire un seul instant que le responsable de la création de tout ce qui nous entoure serait même le plus petitement possible bienveillant, lui qui mit sur cette terre au même instant l’homme et le moustique ???!

Et qui pousse maintenant le raffinement à les tigrer, les miniaturiser, les rendre diurnes et silencieux ???

C’est pour moi la preuve définitive et absolue de l’inexistence du dit Sieur Céleste, ou au mieux de son incompétence et/ou de son sadisme régressif.

Mes mollets rendus difformes peuvent en témoigner, ainsi que l’abus actuel d’onguents lidocaïnés.

Voilà, je retourne m’arracher le peu de peau qui me reste et vous la souhaite douce et longue, cette nuit qui enfin vous tend ses bras roses et dodus.

Mais stay tuned quand même, hein ?

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