Encore un titre à la couillon, te dis-tu ô lectrice-teur bienveillant-e mais légèrement agacé-e par ces effets de plume qui certes peuvent amuser un moment, mais lassent sans doute les plus littéraires d’entre-vous.
Ça tombe bien, le titre d’aujourd’hui a plus avoir avec les maths qu’avec le Grand Littré.
Il y a dans la région que nous sillonnâmes ces deux derniers jours un village nommé Vinon-sur-Verdon.
Alors ni une ni deux, vos règles de fraction et de simplification dans les mains, oui, sors-les de tes poches, non, prend pas encore des cacahuètes, c’est gras et ça laisse des traces sur l’écran, oui, tu peux boire un verre de cette bonne bouteille que tu as pris soin d’ouvrir avant de te plonger dans ta lecture favorite.
Donc, bien outillé-e de tes connaissances matheuses, certes un peu poussiéreuses mais acquises au prix d’effort parfois surhumain, ainsi que partiellement désinhibé-e par l’alcool maintenant répandu dans ton système vasculaire, tu vas simplifier cette fraction avec moi
- On commence par simplifier les “V” majuscules, qui en physique est l’unité de la tension (le Volt), ce qui donc permet direct d’en enlever et de te détendre encore un chouïa, de reprendre une gorgée de ce précieux nectar que tu t’es servi-e, si si, je te connais, épicurien-ne et un peu jouisseuse-eur que tu es. On obtient donc, après cette première réduction, “inon/erdon”, mais tu t’en doute bien, ça n’est pas fini.
- On continue en simplifiant les 2 “on” finaux, on en a plus besoin, on s’en passe très bien. Reste donc “in/erd”, qui n’est plus vraiment simplifiable, sauf à de tarabiscotées manipulations de savants numérologues, aussi appelés charlatans.
Tout ça donc pour te dire que les paysages du côté des basses gorges du Verdon et du lac de Sainte-Croix sont absolument splendides et les petits villages très touristiques, ou sans intérêt, si ce n’est d’avoir un troquet souvent posté astucieusement près du boulodrome.
Tiens, à propos, digression rapide : on a enfin acheté des boules, au bout de plus de trois quart du voyage, et alors que la pluie menace. La réputation des Bernois ne vaut pas mieux que celle de la cavalerie dans les Tuniques Bleues, pour ceux qui connaissent.
Revenons au paysages et villages du coin :








Il y a évidemment une église à Moustier qui, vu la pente, est semi-enterré, et a la particularité d’être légèrement coudée au niveau de la nef. Ils sont probablement tombés sur une roche plus dure que leur foi…
Après un chtit café noisette devenu habituel, quotidien, réclamé, et parfois accompagné d’un croissant, au grand dam de ma dame, on a mis le cap sur le Lac de Sainte-Croix, histoire de pouvoir faire une ballade un peu plus au plat.
Ce lac fut créé en 1973 par la mise en eau du barrage du même nom, ce qui fut disparaître un des trois villages de la vallée, Les Salles-sur-Verdon, qui fut reconstruit à neuf plus haut, et sauvegardant, en les rendant maintenant côtier, Sainte-Croix-de-Verdon et Bauduen.
C’est d’ailleurs cet itinéraire côtier d’environ 14km entre Les Salles et Bauduen que choisit Caroline pour fatiguer un peu ses petites gambettes, qui trepignaient d’ailleurs depuis quelques jours. Pour ma part, je me contentais d’en faire un peu moins de la moitié, avant de rebrousser chemin, non pas de dépit, ni d’épuisement, encore moins de lassitude, mais juste parce qu’il fallait bien transférer Mazette au point d’arrivée, les transports publics du bas Verdon n’étant pas vraiment au niveau de ceux de la grande couronne parisienne.
Ma douce et bien-aimée en a donc profité pour quitter le dit sentier côtier, attirée comme une abeille en quête de nectar de lavande par la promesse d’un itinéraire marqué GR, et qui la fit crapahuter dans les rochers à tel point qu’inquiet de ne pas la voir arriver dans les temps estimés, majorés d’une heure à me ronger les sangs, j’en étais presque à appeler le RAID ou les Commandos de Marine (l’armée, pas les sbires de la blondasse aux dents grises et aux chats pareils) pour qu’il déclenchent le plan Orsec.






Après une petite boisson brassée localement et dégustée pareil, histoire de se remettre de mes émotions et de réhydrater ce corps d’athlète dont m’a généreusement doté mère nature, mais qui après plus de 17’000 pas dans la nature ensoleillée du Verdon commençait à perdre son avantageuse plastique, on décida de faire un saut à Aups (I did it again), ce qui s’avéra être une excellente pioche, tu vas t’en rendre compte à la fin du photo-reportage qui suit tout de suite là en dessous :








Tu as compris, c’était bon, généreux, copieux, goûteux, on s’est régalé.
Cap sur le camping où l’arrivée de nuit a été maîtrisée par ma douce, le Bandol m’ayant plus ou moins cantonné au poste de DJ pendant le trajet.
Et aujourd’hui, départ pour Manosque, on amorce la remontée car la pluie s’annonce sur tout le territoire de la Gaule, même sur le petit village qui résiste encore et toujours.
Manosque un dimanche, c’est un peu comme une panna cotta sans coulis, une fougasse sans tapenade, un whisky sans alcool … heureusement il y avait une église, alors tu me connais …






Bon, après ça, on a mis le cap sur Forcalquier et un camping en bord de village, non sans s’arrêter pour une agape à base d’agneau de 9 heures (c’est son temps de cuisson, pas son âge, voyons ..) à Saint-Michel-les-Observatoires, ce qui me permet de te montrer, ouvre bien tes mirettes et enclenche encore quelques neurones de plus, tu as sous tes yeux la coupole du télescope de 193 cm (le miroir fait presque 2 mètres …) de l’Observatoire de Haute Provence. Ça te dit rien ? Mayor (non, pas elle) et Queloz ? Le prix Nobel de Physique de 2019 ?

Et oui, c’est bien grâce à ce télescope que les deux zigs, des Suisses, ont découvert en 1995 la toute première exoplanète, 51 Pegasi b, quel nom mignon, du coup on l’a aussi nommée Bellérophon, beaucoup plus mignon, non, et qui tourne à 51 années-lumière de chez nous, faisant en 4 jours le tour de son étoile, Pegasi 51. Je sais pas chez vous, mais chez moi, l’annonce de la découverte de la première planète qui n’appartient pas à notre système solaire a été une énorme émotion.
Mais bon, c’est pas visitable sans un tas de laissez-passer et d’accréditations que j’aurai jamais, alors on est allé plus loin, à Mane, joli village surmonté d’une forteresse, hélas privée :

Et pourvue de belles maisons et de belles pelotes, EDF sans doute :

Le village abrite aussi en ses faubourgs les célèbres jardins de Salagon, qui entourent un bâtiment de type sacré transformé en musée, tu me diras les autres aussi un peu, c’est des musées, mais celui-là il est vraiment un musée organisé comme ça, et très chouette.



Il y avait aussi dans ce chouette endroit une expo temporaire sur les médicaments d’autrefois, très drôle et sympa :



Mais surtout il y avait plein de fleurs, en voici quelques-unes :




Après tout ça, ben camping, et repas léger mais au combien satisfaisant et bienfaisant dans notre Mazette si confortable :

Voilà voilà, demain il pleut non-stop, on verra bien, stay tuned, it’s another day on the Provence’s roads.

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