Colorado …

Le savais-tu, lectrice-teur à qui rien n’échappe, même pas la popularisation du vélo électrique dans les villages en pentes au bord du Lac de Genève, savais-tu qu’il existe en Provence, coincé entre les monts du Vaucluse et le Luberon, un coin nommé le Colorado ?

Alors point de cow-boy et de conquête de l’Ouest, ici on est plutôt dans l’exploitation de l’ocre. Si si, tu a bien lu, l’ocre. Si comme moi tu ignorais, malgré les bonnes œuvres de nos patients maîtres d’école, l’existence de l’exploitation de l’ocre, et bien en voilà l’histoire, profites, c’est gratuit et qui sait, c’est peut être replaçable ici ou là dans une conversation de salon, car la culture, c’est comme la tapenade et Buster Keaton, c’est meilleur quand ça s’étale …

Tout commence au Mésozoïque. Bon tu me diras, ô conteur de fabiôles, beaucoup de choses ont commencé au Mésozoïque. C’est pas faux. En même temps, beaucoup de choses se sont arrêtés aussi. Tels ces sédiments apportés des continents émergés et qui se sont accumulés dans le fond de l’océan recouvrant ce qui n’était pas encore le coin de Provence à l’immobilier florissant, repère des fortunes les plus diverses, mais quand même hautes, qu’est le Luberon.

Ces sédiments donc, accumulés au fond, se chargent en glauconie, qui comme son nom tend à l’indiquer, les rend peut attractifs et de couleur vert à vert foncé.

Mais voilà que le tectonique des plaques, à pas confondre avec la techno « nique tes flaques », célèbre rap au rythme endiablé du groupe Lucernois « I mues go bissle « , la tectonique donc soulève tout ce beau monde (le Luberon, pas les Lucernois…) et qu’un climat tropical s’installant, les écoulements souterrains dus au pluies diluviennes rincent ces sédiments et en modifient la composition minérale, les déversidant si on me pardonne ce néologisme.

Et cela donne ceci :

Ou cela :

Voire encore :

Sans oublier :

Et encore :

Ces dernières, rappellent fortement celles que chez nous on appelle les Pyramides d’Euseigne, s’appellent ici les Cheminées des Fées et sont plus colorées.

Donc, ces sédiments devinrent ce qu’on appelle des ocres et ceux-ci furent exploités dans la région depuis Neandertal jusqu’à la grande crise de 1929, ce qui fait un bail. T’imagine la devanture de la boutique : « Ocres du Luberon, Grobuz père et fils, est. 42’665 av. JC»

Bon, les premiers n’en faisait pas vraiment une exploitation industrielle. Juste tremper les mains dedans pour décorer la grotte et dessiner un poisson d’avril dans le dos de Grobuz pendant qu’il découpe une épaule de mammouth.

L’industrialisation a commencé dans les années 1880, avec l’apparition du mineur d’ocre, l’ocrier, qui extrait la roche formée du sable sédimentaire, en surface ou dans des galeries, puis celle-ci est broyée et lavée pour en extraire le pigment.

Et tu auras observé, lectrice-teur à l’œil de faucon, qu’il n’existe pas qu’une seule teinte d’ocre, mais toute une palette, de l’ocre pâle à l’ocre rouge.

Voilà, le Colorado du Luberon fût le but d’une excursion velocipédique depuis notre camping sur les hauteurs d’Apt, hauteurs que nous eûmes quelque peine à regagner, puisque qu’il nous fallut pousser nos montures à de moult reprises avant de regagner Mazette et la piscine qui le jouxte, car oui, nous choisîmes le camping avec vue sur le Luberon ET piscine.

Le Luberon vu du camping
Elle a 27, juste bien 👌🏻

Demain nous quittons cette terre certes hospitalière, mais qui ont vu les Catholiques de la Ligue commencer à exterminer les Vaudois, secte elle aussi catholique au début mais qui ayant un léger problème d’autorité avec la hiérarchie papale, vira prostestante dès la sortie du double album de Luther-Bèze-Calvin, édité par Gutenberg. Ils furent cependant définitivement occis par Henry IV, pour qui Paris valait bien une messe et les Vaudois un petit massacre.

Nous allons donc mettre le cap sur les environs de Cavaillon, certes un peu tôt pour les melons, mais juste à temps pour les asperges.

Stay tuned, la mayonnaise va finir par prendre

Responses

  1. tom0707614f7786 Avatar

    Ohhh, un endroit trés joli ce Colorado 🤩🫶🏻

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  2. florenceschwed Avatar

    Nicolas a voulu voir si je lisais son article du blog du début à la fin. Alors oui, l’habitante du village au bord du lac de Genève a bien saisi la subtile introduction et oui, elle a constaté en guise de conclusion que l’auteur avait rasé sa barbe (ou a-t-elle un train de retard?). En tout cas, elle souhaite aux joyeux Flower Boomers une bonne suite d’aventures et ne se vexera que la prochaine fois :).

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